14 kilos de cannabis à leur domicile : “On en mange comme des brèdes”

Une affaire de plus concernant du trafic de stupéfiants était au programme de l’audience correctionnelle de ce vendredi à Saint-Denis. Un couple qui détenait d’importantes quantités dans son appartement bénédictin s’est dédouané en affirmant que leur stock correspondait à leur consommation personnelle.

De profil à la barre du tribunal correctionnel de Saint-Denis, les deux prévenus se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Le couple affirme qu’il se drogue en duo depuis son plus jeune âge. Raison pour laquelle, suite à une dénonciation dans une autre affaire, les gendarmes ont découvert à leur domicile des quantités impressionnantes de stupéfiants : 268 cachets d’ecstasy et 19 de Rivotril, 14.1 kilos de cannabis, quatre pieds de zamal. Et au passage, deux armes à feu, une balance de précision et 6500 euros répartis dans plusieurs enveloppes ont également été saisis.

Des recettes de cuisine goût cannabis Placé en détention provisoire suite à l’ouverture d’une information judiciaire, Sully B., 38 ans, a soutenu prendre un à deux cachets d’ecstasy par jour, quatre s’il participait à des soirées, et fumer au moins huit joints quotidiens. Sa compagne, également inquiétée, a présenté les mêmes arguments au juge d’instruction en charge du dossier. “Vous prenez les magistrats pour des idiots, a fustigé le représentant de la société. A votre avis, qu’est-ce que l’on retrouve en perquisition chez des dealers ?”. Mais les prévenus assurent ne pas savoir. “Le cannabis, on en mange comme des brèdes. On le fume, on en fait des tisanes et on fait des recettes de cuisine grâce à notre balance”, affirme Coralie B, 24 ans.

“On pourrait être séquestré” Les achats de produits illicites auraient été fait en gros et en liquide grâce à la recette du restaurant snack géré par Sully B. “Pourtant, vous ne déclarez que 6000 euros de recettes annuelles”, s’étonne la présidente de l’audience. Ça ne colle pas. Mis face à leurs incohérences, les deux prévenus n’en démordent pas et s’enfoncent dans des explications ubuesques. Au sujet de l’examen de leur compte bancaire respectif ou aucune dépense du quotidien ne figure, ils ne cillent pas. Quant aux espèces retrouvés chez eux, une simple tirelire dans laquelle s’accumulent des piécettes récoltées depuis des années.  

Ce sont des drogués, pas des trafiquants “Donc si je résume, vous consommez environ 730 cachets d’ecstasy par an. Et je ne compte pas les soirées. Et les armes ? C’est pour quoi?”, questionne encore le tribunal. “On pourrait un jour être séquestrés”, affirme Coralie. Les deux prévenus n’ayant pas de casier judiciaire, le parquet requiert 2 ans de prison avec sursis probatoire et une amende de 5000 euros pour lui. Pour elle, 8 mois de prison avec sursis simple. Mais alors que tout semblait perdu, l’avocate de la défense indique qu’aucune preuve n’a été apportée sur une quelconque revente à d’éventuels clients. “Le juge d’instruction avait largement le temps en deux ans d’investiguer sur ce point et de ramener la preuve d’un éventuel trafic, explique Me Sylvie Moutoucomorapoullé avant de conclure : ce sont des drogués, pas des trafiquants.”  

Aucune preuve d’un trafic La robe noire a touché un point sensible de la procédure et inversé la vapeur. Le tribunal en a convenu en relaxant le couple sur l’offre et la cession de stupéfiants. Il a été condamné pour le reste, Sully B. à 18 mois de prison avec sursis probatoire ainsi que l’amende requise, Coralie B. à 8 mois de prison avec sursis.

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