Deux évasions en 24 heures de la prison de Saint-Pierre

[Une info Zinfos974] Deux détenus de la maison d’arrêt de Saint-Pierre se sont faits la malle à 24 heures d’intervalle la semaine dernière. Une information que nous confirme le syndicat UFAP-UNSa Justice qui en profite pour dénoncer les décisions qui ont permis aux deux hommes de s’évader, malgré les mises en garde des agents pénitentiaires et du Parquet.

Deux détenus de la prison de Saint-Pierre se sont enfuis la semaine dernière. Deux évasions qui provoquent la colère du syndicat UFAP-UNSa justice qui avait mis en garde l’administration pénitentiaire et les autorités judiciaires sur le profil des deux hommes. Mercredi dernier tout d’abord, un détenu placé en quartier semi-liberté (QSL), autrement dit un régime d’exécution de peine permettant de passer sa journée hors de la prison, n’a pas réintégré le centre pénitentiaire le soir venu. Il s’agit d’un prisonnier qui avait pourtant fauté il y a quelques semaines alors qu’il était déjà placé sous ce statut. “On est sous un contrat de confiance (avec le détenu). Comme il a fauté, on l’a réincarcéré. Il a fait une nouvelle demande au QSL. Le juge d’application des peines (JAP) a accédé à sa demande. Le Parquet a fait appel estimant qu’il a fauté il y a deux mois de ça. Seulement 15 jours après la décision du JAP, il a remis le couvert et est en état d’évasion” regrette Rémy Bultor, le secrétaire national du syndicat UFAP-UNSa Justice. Le syndicaliste espère que cette erreur d’appréciation n’aura pas de lourdes conséquences. “S’il commet une faute – par exemple que monsieur est alcoolisé et tue quelqu’un – faudra qu’on nous explique pourquoi ce détenu, qui avait déjà fait parler de lui en ne respectant pas les mesures alternatives à la prison, s’est vu donner une deuxième chance”, s’exaspère-t-il.

Il s’enfuit en sortant les poubelles Dès le lendemain, jeudi, un autre détenu a pris la poudre d’escampette de la Cayenne. À nouveau en raison d’un statut de surveillance allégée. “C’est un détenu qui a été classé D130, c’est-à-dire qu’il effectue des travaux dans et hors de la prison. Il a profité du fait d’être dans le parking de la prison pour sortir les poubelles et que le portillon soit ouvert pour partir”, explique Rémy Bultor. Celui-ci ajoute que le détenu avait obtenu ce statut la veille et malgré les craintes des surveillants sur son cas. C’est surtout les conditions d’obtention de ce classement en auxiliaire D130 qui provoque la colère du syndicat. “On avait des doutes sur la fiabilité de ce monsieur. De surcroît, il y a un organisme qui s’appelle la commission pluridisciplinaire unique (CPU) qui est censée classer ce détenu. Notre direction s’est assise sur cette commission et a classé le détenu. Le lendemain il est parti”, souligne le secrétaire national. Les deux fugitifs courent toujours.

www.zinfos974.com