La Région ventile une vingtaine de postes de directeur de service

C’est un sacré coup d’accordéon que s’apprête à réaliser le Conseil régional. Pas moins d’une vingtaine de postes de directeur de service sont remis en jeu pour répondre à une volonté de “nouvelle impulsion”.

Directeur de l’éducation, directeur des moyens généraux, directeur des ressources humaines, directeur de la formation professionnelle…, la liste des emplois ouverts par le conseil régional est longue, très longue. À tel point que cette procédure qui touche beaucoup de hauts gradés de la territoriale soulève des questions.  La collectivité régionale nous répond sur les objectifs attendus de sa démarche. Selon l’exécutif régional, ces offres d’emploi visent à satisfaire une volonté de “donner une nouvelle impulsion”.  Pour illustrer son propos, la Région nous indique par exemple qu’elle s’apprête à créer une toute nouvelle DGA dont l’intitulé sera le “Développement humain”. Cette ventilation des postes au grade d’attaché ou d’administrateur territorial – autrement dit les catégories supérieures (A et A+) de la fonction publique territoriale – “traduit cette volonté d’impulsion amenée par la nouvelle mandature”, un an tout juste après son élection. La Région délimite également les contours de cette procédure de recrutement pour couper court à l’idée vite répandue de chasse aux sorcières. “Ce n’est pas dans nos habitudes”, réplique la Région qui rappelle que le cadre de recrutement demeure bien évidemment ouvert à de la mobilité interne. Autrement dit, les propres agents de la collectivité pourront postuler, en plus des probables candidatures externes que la collectivité recevra. La compétition pourra dès lors commencer entre les CV et les expériences de chacun. Une manière de rebattre les cartes en quelque sorte. ​”C’est une perte de temps et une perte d’argent” “C’est une perte de temps et une perte d’argent”, déplore de son côté Christian Picard, que nous avons interrogé, puisque, à l’issue de cette lourde procédure de recrutement, sans doute qu’environ 90% des directeurs actuellement en poste devraient être tout simplement reconduits dans leur mission.   Cette vaste opération a donc surtout pour objectif selon lui de “désavouer des gens déjà en place depuis des années car les mêmes directeurs vont repostuler sur leur propre poste”, explique le secrétaire départemental de la fédération syndicale unitaire (FSU) Territoriale.  Au-delà de ces recrutements au niveau des cadres sup’, le représentant de la FSU élargit le champ en évoquant “une concurrence malsaine au sein de la collectivité”, et toutes catégories d’emploi confondues. “Il n’y a pas que les directeurs qui bougent. Dans les services, il y a des réaffectations”, explique-t-il alors que certains ont préféré jeter l’éponge. “C’est la première fois qu’en tant que syndicat nous avons vu passer une dizaine de ruptures conventionnelles au sein d’une collectivité en quelques mois. Et il y en a tout autant à venir”, ajoute Christian Picard.  “C’est une concurrence qui n’est pas seine pour travailler dans un climat apaisé. Je trouve que c’est dommage, il n’y avait pas jusqu’à présent dans cette collectivité de concurrence malsaine, tandis que là c’est remettre en cause toutes les compétences professionnelles des gens, que ça soit dans les catégories C ou A”, regrette le représentant de la FSU.  

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