“La Réunion n’a pas le droit d’avoir un député macroniste même masqué”

Démonstration de force de l’union de la gauche à quatre jours du second tour des législatives. Ce mercredi, les six candidats du Rassemblement Réunionnais soutenu par la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) étaient tous réunis à la permanence saint-pauloise du PLR, sous l’égide de la présidente de Région Huguette Bello. Avec un seul mot d’ordre : “Ne pas envoyer un député macroniste à l’Assemblée nationale” au soir du second tour.

Huguette Bello en est certaine, les députés issus de cette union populaire vont réaliser ce dimanche un score “plus que remarquable”. Des candidats qui intégreront la nouvelle majorité de l’Assemblée nationale, assure la patronne du PLR pour, dit-elle, “briser cette spirale de réformes macronistes”. “La Réunion n’a pas le droit d’avoir un député macroniste. Il faut briser cette devise libérale, d’autant plus que c’est la plus importante des élections pour nous depuis 40 ans”, affirme Huguette Bello, “heureuse” d’accompagner les députés sortants (Philippe Naillet dans la 1re, Karine Lebon dans la 2e et Jean-Hugues Ratenon dans la 5e) “qui ont obtenu la confiance des électeurs”. “Ils le doivent à la qualité de leur travail tant à l’Assemblée nationale que sur le terrain”. Autre motif de fierté pour la présidente de Région : l’émergence sous cette bannière de la Nouvelle union populaire d’une “nouvelle génération de jeunes élus (NDLR : Emeline K/Bidi dans la 4e, Frédéric Maillot dans la 6e et Perceval Gaillard dans la 7e) dévoués et en engagés en politique pour La Réunion”. “Ce rassemblement, cette union, est aujourd’hui la première force politique de La Réunion. Nous appelons les électeurs réunionnais à confirmer cette volonté de changement et de renouvellement dans cette nouvelle ère politique qui s’ouvre”, argue la locataire de la Pyramide inversée. Des dires qui ont particulièrement plu à Jean-Hugues Ratenon, mandataire local de la France insoumise dans le cadre de ces législatives. Le parlementaire de l’Est, qui croit fermement à une cohabitation gouvernementale pour les cinq prochaines années, assure que les six candidats encore en lice ne sont “pas isolés” car bénéficiant tous de la dynamique enclenchée par la Nouvelle Union populaire au niveau national, et rappelle que sur les cinq députés élus dès le premier tour, quatre étaient issus de la Nupes (Danièle Obono, Sarah Legrain, Sophia Chikirou et Alexis Corbière). “Il faut dire à ceux qui ont voté contre Macron qu’il faut confirmer cela, confirmer le vote contre la politique d’En Marche, sur son bilan et son orientation pour les cinq prochaines années. Continuons le rassemblement”, indique Jean-Hugues Ratenon, qui appelle les électeurs réunionnais “à faire le choix du progrès”.

Rassemblée, “la gauche gagne” “J’espère que cette élection sera triomphale et triomphante et permettra de redessiner la carte politique de La Réunion avec pourquoi pas la création d’un grand courant de gauche”, lance quant à lui le président du Progrès, Patrick Lebreton, à l’image du CRADS (Comité républicain d’action démocratique et sociale) fondé par Raymond Vergès et Léon de Lepervanche en 1946. Le maire de Saint-Joseph estime que La Réunion a besoin de retrouver “son essence et son identité”, impossible pour l’heure assure-t-il avec le maintien de l’amendement Virapoullé, “qui devait s’arrêter à l’alinéa 4 et pas au 5”. “La Réunion n’a pas le droit d’avoir un député macroniste ou masqué. On sent un moment de bascule”, prévoit l’édile saint-josephois, qui a profité de ce point presse pour remettre les pendules à l’heure concernant les critiques faites par David Lorion sur le déroulé du scrutin à Saint-Joseph. “À Saint-Joseph, nous ne sommes pas des trafiquants, d’où le dépôt de plainte avec mes avocats. Le député-fantôme s’est pris une calotte électorale et dimanche, ce sera le double. Je demande que notre mobilisation soit totale pour l’emporter dans la 4e et ailleurs et pour chasser tous les macronistes pour que dimanche soir toute La Réunion soit Nupes”. Son homologue saint-andréen, Joé Bédier, a quant lui insisté sur le fait que rassemblée, “la gauche gagne”. La maire de Saint-Denis, Ericka Bareigts, a de son côté lancé un appel aux abstentionnistes, “dans une île où 46% des enfants vivent dans la grande pauvreté”. “Le fait d’être ensemble aujourd’hui va au-delà de tout, des personnes, des frustrations, et aujourd’hui nous sommes très fiers de dire aux Réunionnais que les combats vont continuer à être menés”. “Pendant longtemps, on nous a demandé de nous rassembler et de porter les aspirations des Réunionnais et aujourd’hui c’est fait”, relève quant à lui Emmanuel Séraphin, pour qui les Outre-mer ont été “méprisés et oubliés” par Emmanuel Macron et ses équipes.

Philippe Naillet : “Quand la gauche gagne, elle change le quotidien des gens. Il faut nous mobiliser car ce rassemblement est un espoir, mais surtout le projet de la Nupes est une espérance face au désespoir que connait la population. Le seul programme qui apporte des réponses aux attentes de la population, c’est celui défendu par la Nupes : blocage des prix, élargissement du bouclier qualité prix, hausse du SMIC à 1500 euros et des petites retraites à 1000 euros minimum. Ici, 1 retraité sur 2 perçoit moins de 850 euros bruts mensuels.” Karine Lebon : “Nous aurions pu faire carton plein pour nos valeurs de justice sociale. Quoi qu’il en soit, la Nupes est dans une vraie dynamique. Quand on dit qu’un nouveau monde est possible, c’est vrai et c’est notre dernière chance face à la politique libérale de Macron. Nous espérons qu’il n’aura pas la même positon que Trump en cas de mauvaise nouvelle électorale.   Le ministère de l’Intérieur a refusé de reconnaitre cette Union populaire, en oubliant de nous compter dans les voix de la Nupes. C’est dommage car nous annonçons dès le début que nous siégerons au sein de l’Union populaire. La gauche en bonne position, il faut confirmer cela dimanche.” Emeline K/Bidi : “En face de nous, il n’y a que des candidats de droite ou macronistes. Tout le monde nous dit que le programme de la Nupes ne pourra pas être mis en œuvre. Il est impératif de dire que le programme de la Nupes est faisable. 170 économistes se sont projetés sur ce programme et disent qu’il est faisable.” Perceval Gaillard : “L’enjeu national est celui de la cohabitation. Le projet est réunionnais et écrit ici, contrairement à ce que disent certains. Lutte contre la pauvreté, pour la transition écologique, l’accès à des logements dignes, emploi, éducation, culture… Ce sont des thèmes que nous allons défendre à Paris pour La Réunion et pour cela il faut envoyer nos députés à l’Assemblée nationale. Sinon, c’est le rouleau antisocial si Macron gagne.” Frédéric Maillot : “Je suis fier d’être dans cette dynamique générationnelle. Macron a tenté de nous interdire de crier nos mécontentements lors de la crise des gilets jaunes. Il a tenté de nous empêcher de crier contre le pass sanitaire. À nous dimanche avec notre bulletin d’interdire à Macron de mener sa politique de fracture et d’empêcher le rouleau compresseur antisocial.”

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