Violences conjugales : La victime prend la parole et fait pleurer son bourreau

Encore une fois, des violences conjugales sont venues noircir un peu plus le menu de l’audience de comparution immédiate de ce mercredi. Un homme de 34 ans, au passif judiciaire hors norme, a levé la main sur sa compagne, enceinte de 4 mois, le 10 juillet dernier à Bras-Panon. La victime, présente à l’audience, témoigne à la barre et laisse l’assistance sans voix.

Jean C., 34 ans, est costaud et, en plus de son long passif judiciaire, il est jaloux, très jaloux. Le 10 juillet dernier, il croise sa compagne qui est avec son oncle à lui en voiture. Il rentre chez elle et lui fait une crise de jalousie. Soudain, il commet l’irréparable et lui porte un coup de pied au visage. Elle bascule et tombe dans le fauteuil. Apeurée mais refusant de subir, elle va dans sa chambre et s’enfuit par la fenêtre chez une voisine. Les gendarmes arrivent chez elle, il ouvre et leur donne sa version des faits. Les militaires notent une forte odeur de zamal dans l’appartement. Il dit qu’il vient de fumer. Il est placé en garde à vue. La victime indique de son côté que ce n’est pas un fait isolé, que les violences sont de plus en plus fréquentes. 

“Tu dois te soigner” S’il reconnait un coup, il minimise. Il explique au président qu’il a posé la main sur sa tête, a poussé puis elle est tombée sur le fauteuil. C’est son ongle qui lui a fait une marque, dit-il. “Je m’excuse, on est jaloux tous les deux, la relation est dure”, admet-il à la barre. La victime est présente et accepte de s’exprimer. D’une voix posée et claire, elle s’adresse au tribunal mais surtout à son bourreau : “Je n’ai pas porté plainte mais c’est normal que tu sois poursuivi pour ce que tu as fait. Ta tatie m’insulte car elle dit que j’ai déposé la plainte mais c’est pas elle qui prend les coups. Tu dois reconnaître tous les coups et reconnaitre que tu as un problème. Tu dois te soigner”. Son compagnon, avec ses 26 mentions au casier dont 14 du tribunal pour enfants, s’excuse puis fond en larmes. “Je crois qu’elle a tout dit”, ajoute le président.  Pas ému le moins du monde par les larmes du prévenu, le parquet enfonce le clou : “C’est un geste de violence qui s’inscrit dans son quotidien. Il est en perte de confiance et s’en prend à elle. S’il est là, ce n’est pas de sa faute à elle, c’est le parquet qui a poursuivi. Je vous demande une peine d’un an de prison dont 6 mois de sursis probatoire avec maintien en détention”.

Ca ne mérite pas la détention La défense se dit “surprise par cette audience”, ajoutant : “On me dit dans un premier temps qu’il va être placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de contact pour une convocation en justice au 31 octobre 2022. Une heure plus tard, on m’annonce qu’il sera présenté en comparution immédiate. Le JLD* a mis 45 minutes pour délibérer et le placer en détention provisoire, c’est vous dire. On parle beaucoup de son passé mais il n’y a qu’une prévention pour un coup aujourd’hui, qu’il a reconnu même s’il minimise. Je vous demande un bracelet pour la partie ferme, ça ne mérite pas la détention”, plaide la robe noire.   Sans grande surprise, le prévenu est déclaré coupable. Il peut, même s’il ajoute une 27e mention à son casier, remercier son avocate pour la pertinence de sa plaidoirie car, s’il est condamné à 8 mois de prison dont 4 assortis du sursis probatoire, il n’est pas maintenu en détention. Le juge d’application des peines décidera de son avenir, le 15 septembre prochain.  * JLD : Juge des Libertés et de la détention

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